- Le château Julia Hasdeu au début du 20eme siècle
- Le château Julia Hasdeu au début du 20eme siècle
- Le château après la première restauration. L'Oeil du monde était couvert par la bannière du musée
- Le projet du château. On peut remarquer la localisation des maisons derrière de l'édifice. Deux d'eux ont été démolis
- Le plan du rez-de-chaussée du château
- La façade du château (projet)
- Vue frontale du château (section transversale)
- Le Château vu d'en haut
- Les plans des bâtiments supplémentaires: l'entrepôt, la maison du gardien et les groupes sanitaires
- Détail de la tour latérale (section vue du dessus) I

 

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  Le symbolisme

          La visite de I. L. Caragiale au château- temple, en 1896, qu'il a dĂ©crite dans l’Epoque, fournit des informations sur l'atmosphère de l'endroit. Le dramaturge Ă©tait venu pour interviewer le savant au sujet de l'Ă©tat de la littĂ©rature roumaine.

          Ayant la chance d'ĂŞtre guidĂ© par B. P. Hasdeu lui-mĂŞme, qui lui a donnĂ©, au cours de la visite, d'intĂ©ressantes explications sur le symbolisme de la construction, Caragiale dĂ©crit ce qu'il avait vu. La porte en pierre, "un lieu de passage d'un Ă©tat Ă  l’autre, entre deux mondes, entre le connu et l’inconnu, (…) entre le profane et le sacrĂ©" pourrait facilement tourner, permettant l'accès, en invitant l'homme "pour dĂ©couvrir le mystère". Le passage symbolise la "mise en connaissance". Dans la tradition chrĂ©tienne, la porte a une grande importance, car elle permet l'accès Ă  la rĂ©vĂ©lation". Par la porte principale du château-temple, le visiteur peut atteindre une salle haute et Ă©troite, semblable Ă  un narthex, d'oĂą, Ă  travers un couloir constituĂ© de deux miroirs parallèles, on pourrait entrer dans la rotonde.

          Un bâtiment en briques et en fer, ayant la forme d'une gigantesque croix, appelĂ©e dans les archives spiritistes "Le Grand Crucifix", a Ă©tĂ© Ă©rigĂ© au milieu du dĂ´me. En y regardant de derrière, il a la forme d'une coupe. Dans la partie supĂ©rieure de la croix, la statue du Christ avait Ă©tĂ© placĂ©e. Le savant avait commandĂ© cette sculpture Ă  la Chambre des Statuettes et Statues religieuses de Paris (fondĂ©e Ă  Angers en 1862) et gĂ©rĂ©e par le sculpteur RaphaĂ«l Casciani; « un SacrĂ© –cĹ“ur JĂ©sus, modèle Montmartre de 2m10, pâte de bois durci, dĂ©cor mi-riche ». B. P. Hasdeu voulait une dĂ©coration modĂ©rĂ©e pour la statue. Les vĂŞtements de JĂ©sus Ă©taient peints en blanc et en rouge. Les artistes du Moyen Age ont utilisĂ© ces couleurs pour la crĂ©ation de l'image du Sauveur après la rĂ©surrection. En fĂ©vrier 1896, la statue est arrivĂ©e au château Iulia Hasdeu. Caragiale Ă©tait impressionnĂ©, mĂ©morisant les dĂ©tails de la dĂ©coration intĂ©rieure. Il fournit la description de la tour centrale (le temple du château): "On entre par la porte et on arrive sous la haute coupole du milieu du bâtiment. Au milieu de la salle circulaire, s’érige un Ă©norme pilier de briques, de marbre rose, soutenant deux escaliers en fer qui vont jusqu'Ă  la ceinture intĂ©rieure du donjon, entourĂ© d'une galerie mĂ©tallique. Derrière le pilier, contre la porte d'entrĂ©e, il y a un escalier qui monte vers les deux autres. Sur le mĂŞme plan que la galerie, au-dessus du pilier qui soutient l'escalier, il y a un pont soutenu par des piliers minces de fer; au-dessus de ce pont, il y a la coupole bleue, la statue du Sauveur, une fois et demie la hauteur naturelle. La statue est faite en bois et peinte dans le style du Moyen Ă‚ge, une oeuvre d'une rare beautĂ© crĂ©e par le sculpteur Casciani de Paris. Le Sauveur vole par dessus les nuages, vers le ciel, les bras largement ouverts, avec son regard tournĂ© vers la terre qu'il bĂ©nit avec ses deux mains. Ses yeux sont pleins de larmes, ses mains et pieds gardent les traces de clous, son front prĂ©serve les traces des Ă©pines. Le Fils divin monte avec son visage tournĂ© vers la source de lumière, Ă  l'Est. Du haut du dĂ´me azur, l’oeil de Dieu, entourĂ© des Ă©toiles de l'infini, le regard, en l’attendent avec d’amour. Le dĂ´me est Ă©clairĂ© par trois portes, correspondant Ă  trois terrasses, et par une fenĂŞtre ronde, traversĂ© par une croix avec des tranches de verre, de couleur jaune et en rouge. Si vous vous agenouillez devant le Sauveur, sa divine tĂŞte peut ĂŞtre vue près de la fenĂŞtre Ă©tincelĂ©e, dont la trame lui entoure comme une aura. (…) Ici, mon illustre hĂ´te m'a fait rĂ©aliser que le pilier qui soutient depuis en bas, au milieu du dĂ´me, les escaliers qui vont Ă  la galerie, reprĂ©sente, avec eux, une grande coupe: dessus, ascendant au ciel, loin de la douleur, le pĂ©tillant visage de Dieu". La description de l’espace central faite par I. L. Caragiale nous a dĂ©terminĂ© de lancer des recherches sur la signification des symboles de cette chambre, par le biais desquels elle produit le "mouvement ascendant du visible vers l'invisible, de l'apparence vers le cachĂ©, du sensible vers l'intelligible et de l'intelligibilitĂ© vers le supra intelligible". Dans la recherche du sens du symbolisme du château, nous nous souvenons de l'opinion de RenĂ© GuĂ©non, selon lequel le "rĂ´le des symboles est d'ĂŞtre un rĂ©el soutien pour les concepts dont la possibilitĂ© d'extension est rĂ©ellement illimitĂ©e et tout l'expression est un symbole". C’est justement l'indicible l'Ă©lĂ©ment le plus important, dans l'ordre de pure mĂ©taphysique. Il faut qu’on mentionne trois types de symbolisme: celui du centre, de l'ascension et de la hauteur (cĂ©leste). On sait que la version la plus connue du symbolisme du centre est l’arbre du monde. "Ses branches touchent le ciel", Mircea Eliade a notĂ©. AssimilĂ©e Ă  l'Arbre du monde, la "coupe" du temple de château devient l'axe qui relie les trois zones ou mondes cosmiques: le Ciel, la Terre et l'Enfer (suggĂ©rĂ© par la prĂ©sence du sous-sol du château), rendant possible la communication entre les espaces terrestres et cĂ©lestes. Le "pilier de briques massives" dans la description de Caragiale est le simulacre de l’axis mundi qui sĂ©pare et unit, dans le mĂŞme temps, le Ciel et la Terre, ce qui permet l'union entre l'Ă©tat humain et les Ă©tats supra individuelles. Il symbolise le "centre", "l'invariable milieu" oĂą l'influence cĂ©leste et terrestre s’unissent, permettant la communication directe avec les autres Ă©tats de l'existence. La statue de JĂ©sus, "qui, Ă  travers son amour a fit descendre Dieu vers l'homme et a Ă©levĂ© l'homme vers Dieu", placĂ©e au-dessus de la coupe, reprĂ©sente le symbole du salut de l'humanitĂ©, Ă  l'image du surhomme, de ce qui est arrivĂ© Ă  un "vĂ©ritable supĂ©rioritĂ©" dans "l’aspiration universelle vers l'infini". Selon B. P. Hasdeu, le surhomme c’est l'altruiste qui se sacrifie "pour son peuple et son pays", Ă©tant certain que l'âme ne peut pas disparaĂ®tre, que la mort ne peut pas la dĂ©truire, qu'il est Ă©ternel et se prĂ©serve", en d'autres mots" l'altruiste dĂ©vore La mort ". On peut comparer ce concept de prĂ©servation de l'âme, exprimĂ© par le savant, Ă  l'idĂ©e de GuĂ©non, qui dit que la "mort corporelle ne peut reprĂ©senter qu’un changement de modalitĂ© dans le mĂŞme Ă©tat d'existence individuelle - le passage vers une modalitĂ© extra corporelle de l'individualitĂ© humaine ". La doctrine de Pythagore sur la mĂ©tempsychose enseigne que, dans la mesure oĂą l’âme fait partie du Tout, elle est Ă©ternelle comme lui, et rĂ©side perpĂ©tuellement dans le mouvement. Mircea Eliade a considĂ©rĂ© la morte comme une "rupture de niveau, symbolisĂ©e par une escalade", l'âme du mot s’élevant. On peut dire que le temple du château suggère la Montagne cosmique traversĂ© par l’Axis Mundi, le Pilier Cosmique qu’unit les deux pĂ´les de l'Ă©vĂ©nement: le ciel et la terre. La multiplicitĂ© des Ă©tats de l’existence est considĂ©rĂ©e comme les mĂŞmes Ă©tapes parcourues par un homme, dans son chemin du retour vers le Principe / Infini / Dieu, est en mesure de monter de Terre au Ciel. "Deux escaliers en fer monte Ă  la ceinture intĂ©rieure du donjon (…). Derrière le pilier, (…) il y a un escalier qui monte vers les deux autres, a notĂ© I. L. Caragiale dans le reportage de sa visite dans le château. Les escaliers du château ont Ă©tĂ© peints en jaune, une couleur qui symbolise l'Ă©ternitĂ©. Dans le monde chrĂ©tien, l'escalier reprĂ©sente un symbole de la possibilitĂ© de monter au ciel, parce que tout ce qui est proche de lui participe Ă  la transcendance. L’escalier est une autre reprĂ©sentation de l’axis mundi. Les marches sont des raisons pour la prĂ©sence du symbolique de " l’Ascension" dans l'Ă©difice de Hasdeu. L'escalier symbolise le passage d'une existence Ă  une autre, la communication entre le ciel et la terre. Jacob rĂŞvait d'une Ă©chelle dont le sommet touche le ciel, oĂą les anges de Dieu montaient et descendaient. Dans la tradition islamique, Mahomet a vu un escalier allant du Temple de JĂ©rusalem vers le ciel. Dante a imaginĂ© dans le ciel de Saturne un escalier d'or que montait Ă  la dernière sphère cĂ©leste. Pour les indiens, l'immortalitĂ© Ă©tait acquise Ă  la suite de l'ascension des espaces sidĂ©rales. L'ascension vers le ciel grâce Ă  la cĂ©rĂ©monie de monter un escalier faisait probablement partie d'une initiation orphique. En mĂŞme temps, l’initiation Mithriaque implique l'escalade d'un escalier axis mundi qui a Ă©tĂ© trouvĂ© dans le centre de l'univers. Tous les visions mystiques et les expĂ©riences extatiques entraĂ®nent une ascension vers le ciel. La doctrine de l’ascension de l'âme trouve ses racines dans l'Orient. Le monde grec et romain le savait en raison de l'orphisme et de Pythagoriciens. IndĂ©pendamment des formes dans lesquelles se manifeste la religion (dans le chamanisme, Ă  l'initiation, Ă  l'extase ou rĂŞve mystique, dans les mythes ou lĂ©gendes), l'Ascension, monter un escalier, signifie toujours transcender la condition humaine et entrer dans des niveaux cosmiques supĂ©rieurs. Pas de point de vue moral, mais du point de vue de connaissance. Le symbolisme de l'escalier comprend les concepts de sanctification, de la mort, de l'amour et de la libĂ©ration. La "Hauteur" est une dimension inaccessible Ă  l'homme, celui qui est l'ascendant en grimpant l'escalier qui conduit Ă  ciel cesse d'ĂŞtre humain. Toute ascension est une traversĂ©e au monde de l’au-delĂ , en quittant l'espace profane. L'escalier participe au symbolisme de la verticalitĂ©, de l'Axe du Monde. L'escalade de la Terre vers le Ciel est reprĂ©sentĂ©e rituellement dans diverses traditions grâce Ă  l'ascension d'un arbre/escalier suivie, mais pas toujours, par une descente qui a pour effet de porter les influences cĂ©lestes dans le monde et de les combiner avec celles terrestres. L'ensemble de la vie spirituelle s'exprime par une tendance Ă  l'ascension, un mouvement ascendant, le Christ et la croix (que l'on retrouve Ă©galement dans le temple de Hasdeu) Ă©tant l'escalier. Dans l'expĂ©rience religieuse, le sacrĂ© cĂ©leste est actif en raison de la signification symbolique du "centre", de la "hauteur", de "l’Ascension". Le ciel est une consĂ©quence directe de la transcendance, du pouvoir absolu, de l'Ă©ternitĂ©, du sacrĂ©. Il est aussi le symbole de la conscience. Dans le temple du château, il s’unit avec la Terre, en relançant une ancienne lĂ©gende, par la croix en forme de coupe, par l'axe centrale, appelĂ© dans les documents de Hasdeu "La Grande Croix"; elle ne reprĂ©sentait pas la croix de la souffrance de Christ, mais la "croix de la rĂ©surrection, de la gloire Ă©ternelle acquise par le sacrifice". Sur la voĂ»te du dĂ´me du château Iulia Hasdeu, il a Ă©tĂ© peint une sphère cĂ©leste qui rassemble tous les attributs de la robe cĂ©leste: le fond bleu, les Ă©toiles, les nuages et, mĂŞme si les tĂ©moignages iconographiques n'ont pas Ă©tĂ© conservĂ©s, il est censĂ© que les anges Ă©taient Ă©galement prĂ©sents. "Le nuage assombrit le monde sensible, en conduisant et habituant l'âme Ă  contempler les Ă©lĂ©ments cachĂ©s, Ă  l'aider de connaĂ®tre la rĂ©alitĂ© invisible après avoir traversĂ© les objets visibles". Le ciel embrasse tout. Le ciel symbolise les Ă©tats supĂ©rieurs de l'ĂŞtre. La vĂ©ritable initiation signifie la prise de conscience de ces Ă©tats qui sont tangibles après l'Ascension, après le voyage cĂ©leste. Au sommet du "dĂ´me azur" du château il Ă©tait peint un triangle, qui avait en son centre un Ĺ“il dont le globe oculaire est l'ouverture qui est encore conservĂ© aujourd'hui. C'Ă©tait "l’Oeil de Dieu", après les descriptions de I. L. Caragiale. Dans un article sur le symbolisme constructif, RenĂ© GuĂ©non a notĂ© : "En l'absence d'une reprĂ©sentation matĂ©rielle de l'axe", "le dĂ´me est pĂ©nĂ©trĂ© sur son sommet par une ouverture circulaire; cette ouverture est une reprĂ©sentation du disque solaire lui-mĂŞme, comme un «Oeil du monde", c'est "la porte du soleil", qui permet la sortie du Cosmos ". Le point sur la Terre, directement sous cette ouverture, c’est le correspondant virtuel du Centre du monde. Et le symbolisme du Centre du Monde soutient, comme on l'a dĂ©jĂ  mentionnĂ©, l'importance du symbolisme cĂ©leste nĂ©cessaire pour les rituels d'ascension, de l'initiation, ainsi que des mythes (l'Arbre Cosmique et le Montaigne Cosmique). Le monde cĂ©leste reprĂ©sente le royaume de l'esprit, le monde terrestre est le royaume de la matière. Dans le symbolisme constructif, l'oeil du dĂ´me du haut de la sphère cĂ©leste ou de la voĂ»te du temple Ă©voque l'image de la porte Ă©troite, situĂ©e Ă  l'apogĂ©e du cosmos ou de la sphère Ă©toilĂ©e qui s'ouvre vers l'inconnu. A travers la coupole de l'oeil doit passer tous les ĂŞtres qui ont atteint l'Ă©tat de trouver soi mĂŞmes. A travers celle-ci a lieu le retour au Principe. Cet oeil n’est seulement l'Ĺ“il de la connaissance, mais aussi d’une conscience Ă©veillĂ©e, capable de transcender toutes les prĂ©occupations, obligatoires pour tous les vĂ©ritables ascensions spirituelles. Après une introspection dans le souterrain (il est Ă  remarquer que l'espace a Ă©galement des espaces souterrains!), en arrivant au point qui correspond au centre de la croix (il faut voir aussi le Grand Crucifix du dĂ´me de château!), l’homme se prĂ©pare Ă  monter vers l'infini de la connaissance, guidĂ© par la divinitĂ©, avec laquelle il souhaite s’identifier (donc, le fait que la statue de JĂ©sus a Ă©tĂ© placĂ©e la n'Ă©tait pas arbitraire!). Le ciel Ă©toilĂ© suggère l'Ă©volution spirituelle, le cosmos. Dans la symbolique chrĂ©tienne, la sphère bleue couvre la DivinitĂ©. Le bleu suggère la rĂ©gĂ©nĂ©ration ou l'accomplissement spirituel de l'ĂŞtre, conscient de l'Ă©tat supĂ©rieur qu’il avait atteint. Le bleu symbolise l'esprit de la vĂ©ritĂ©. Nous considĂ©rons que les Ă©toiles peintes sur le château de la voĂ»te ont Ă©tĂ© dorĂ©es. L’or et le jaune, près du Soleil, reprĂ©sentent les symboles de l'intelligence humaine, Ă©clairĂ©s par la rĂ©vĂ©lation divine. «Le pilier massive en briques» de la description de Caragiale n'est autre que l'Axe du Monde qui sĂ©pare et unit en mĂŞme temps le Ciel et la Terre, le pont qui relie l'Ă©tat humain et l’état supra individuel. On doit rappeler que B. P. Hasdeu considĂ©rait que JĂ©sus Ă©tait surhumain. Les cultures archaĂŻques connaissaient le symbolisme de l'axe cosmique - le pilier universel dĂ©couvert par l'homme, signifiant l'abandon de l'Ă©tat humain et l’accès au divin, en arrivant Ă  l'essence. Le centre est «le milieu invariable» oĂą les influences cĂ©lestes et terrestres s’unissent, rendant possible une communication directe avec les autres Ă©tats de l'existence. La statue de JĂ©sus, «de Christ qui, par le miracle de l’amour a liĂ© Dieu Ă  l'homme et a Ă©levĂ© l'homme Ă  Dieu», placĂ© au-dessus de la coupe sacrĂ©e, reprĂ©sente le symbole du salut de l'humanitĂ©, l'image du surhomme montrant une «vĂ©ritable supĂ©rioritĂ© » dans « l’aspiration universelle vers l'infini». Selon B. P. Hasdeu, le surhomme est l'altruiste qui se sacrifie pour le peuple et pour son pays, Ă©tant convaincu que l'âme «ne peut pas disparaĂ®tre, que la mort ne peut la dĂ©truire, qu'elle est Ă©ternelle et prĂ©servĂ©e», en d'autres termes «l'altruiste dĂ©vore la mort». Mircea Eliade considère la mort comme une «rupture de niveau, symbolisĂ©e par le biais d'une l'escalade», comme l'âme des morts est un ascendant. La communication entre le Ciel et la Terre peut s’établir seulement si on suit l'axe qui relie les centres de ces modalitĂ©s qui se produisent dans un nombre indĂ©fini, dont l’hiĂ©rarchie complexe reprĂ©sente l'apparition de l’univers. Donc, le temple du château est un «centre», le bâtiment Ă©tant assimilĂ©e Ă  une montagne sacrĂ©e traversĂ©e par l’Axe du Monde, le Pilier Cosmique qui unit les deux pĂ´les de l'existence: le ciel et la terre. La multitude d’états dans lesquelles se produit l'existence est considĂ©rĂ© comme Ă©tant le mĂŞme nombre d'Ă©tapes qu'un homme, dans son chemin du retour vers le Principe / InfinitĂ© / Dieu, est en mesure de monter de la Terre au Ciel. «Deux escaliers en fer montrent Ă  la ceinture intĂ©rieure du donjon (…). Derrière le pilier, (…) il y a un escalier qui monte vers les deux autres», note I. L. Caragiale après sa visite au château. Entrant dans le temple du Château, regardant le Grande Crucifix, on ne peut pas voir l'escalier «derrière le pilier». MĂŞme si l’escalier n'est pas visible, il existe comme la voie par laquelle l'homme va au-delĂ  de sa condition. L’escalier peut ĂŞtre vu Ă  partir d'un angle rĂ©vĂ©lateur. Au lieu de cela, après avoir franchi la porte du temple, les livres sont visibles. Le livre est le symbole de la connaissance. Par la connaissance, l'âme transcende. Les escaliers du temple montrent la prĂ©sence du symbolisme de l'ascension dans l'Ă©difice. L'escalier symbolise le passage d'une existence Ă  une autre, la communication entre le Ciel et la Terre. Jacob rĂŞvait d'une Ă©chelle dont le sommet touchait le ciel, oĂą les anges de Dieu auraient montĂ© et descendu. Dans la tradition islamique, Mahomet voyait un escalier allant du Temple de JĂ©rusalem vers le ciel. Dante imaginait dans le ciel de Saturne un escalier d'or qui arrivait Ă  la dernière sphère cĂ©leste. Pour les Indiens, l'immortalitĂ© Ă©tait acquise Ă  la suite de l'ascension dans les espaces sidĂ©rales. L'ascension au ciel grâce Ă  la cĂ©rĂ©monie de traverser un escalier avait une origine probablement orphique. En mĂŞme temps, l'origine Mithriaque implique l'escalade d'un axis mundi trouvĂ© dans le centre de l'univers. L’initiation signifie la mort et la rĂ©surrection du nĂ©ophyte, la descente en enfer et l'ascension au ciel, le chemin vers la rĂ©alitĂ© absolue. Toutes les visions et les expĂ©riences extatiques des mystiques impliquaient l'ascension vers le ciel. La doctrine de l'ascension de l’âme a son origine dans l'Orient. Le monde grec et romain le savait Ă  travers l'orphisme et les pythagoriciens. IndĂ©pendamment des formes dans lesquelles la religion est apparue (dans le chamanisme, dans l'initiation, dans l'extase ou dans le rĂŞve mystique, dans les mythes ou dans les lĂ©gendes), l'Ascension, l'escalier, signifie toujours transcender la condition humaine et trouver les niveaux cosmiques supĂ©rieurs. Dans le symbolisme de l'escalier, nous incluons les concepts de sanctification, de la mort, de l'amour et de la libĂ©ration. La «Hauteur» est une dimension inaccessible Ă  l'homme, celui qui monte l'escalier qui conduit au ciel cesse d'ĂŞtre humain. Toute ascension est une traversĂ©e au monde de l’au-delĂ , en quittant l'espace profane. L'escalier participe au symbolisme de la verticalitĂ©, de l'Axe du Monde. L’escalade de la Terre vers le Ciel est reprĂ©sentĂ© rituellement dans des traditions diverses par l'ascension d'un arbre/escalier suivie d'une descente qui a pour effet des influences cĂ©lestes de ce monde et de les combiner avec les influences terrestres. Toute la vie spirituelle est exprimĂ©e par une Ascension, par un mouvement ascendant; Christ et la croix (que l'on retrouve Ă©galement dans le temple) sont suggĂ©rĂ©s par des escaliers. Dans l'expĂ©rience religieuse, le sacrĂ© cĂ©leste est actif Ă  travers la symbolique du «centre», de "l’hauteur", de « l’Ascension». Le Paradis est une consĂ©quence directe de l'apparition de la transcendance, du pouvoir absolu, de l'Ă©ternitĂ©, du sacrĂ©. C'est aussi un symbole de la conscience. Dans le temple du château, il s’unit avec la Terre, en rĂ©veillant un ancien mythe, par la coupe en forme de croix, par l'axe central, nommĂ© dans les documents de Hasdeu «Grande Croix», qui ne reprĂ©sente pas la croix de la souffrance du Christ, mais la croix de rĂ©surrection, de la gloire Ă©ternelle acquise par le sacrifice. Sur la voĂ»te du dĂ´me du château Iulia Hasdeu, une sphère cĂ©leste avait Ă©tĂ© peinte, dĂ©tenant tous les attributs de la robe cĂ©leste: le fond bleu, les Ă©toiles, les nuages et, mĂŞme si les tĂ©moignages iconographiques n'ont pas Ă©tĂ© conservĂ©s, il est supposĂ© que les anges Ă©taient Ă©galement prĂ©sents. Le nuage assombrit le monde sensible, guidant et habituant l'âme Ă  contempler les Ă©lĂ©ments cachĂ©s, pour l'aider Ă  connaĂ®tre la rĂ©alitĂ© invisible après avoir traversĂ© les objets visibles. Le ciel embrasse tout. Le ciel symbolise les Ă©tats supĂ©rieurs de l'ĂŞtre. La vĂ©ritable ouverture signifie la prise en conscience de ces Ă©tats qui sont tangibles après l'Ascension, après le voyage cĂ©leste. Sur la voĂ»te peinte par Ioan Tent, le premier restaurateur de la dĂ©coration du monument, tous ceux qui apparaissent sont des Ă©lĂ©ments symboliques. «Ange» est l’appellative que B.P. Hasdeu a toujours utilisĂ© dans ses communications avec le monde des autres, quand il a convoquĂ© ses parents morts. Nous savons que le savant s'assoyait et mĂ©ditait longtemps sur la balustrade circulaire qui borde la voĂ»te, près du Ciel peint. Probablement, le symbolisme cĂ©leste a dĂ©bordĂ© ses effets bĂ©nĂ©fiques sur lui, envahit par le fardeau de la mort de Julia, la poĂ©tesse qui Ă©tait devenu le "cher ange" ou "l’ange admirable». Parce que au dĂ©but, il y avait l'Ă©tat terrestre, puis l'Ă©tat angĂ©lique, et entre ces niveaux des degrĂ©s de l'existence intermĂ©diaires, dĂ©grĂ©es de l’état universel, les escaliers que l'âme monte, l'escalade Ă  l'intelligibilitĂ© est similaire Ă  la tradition de Platon, en voyant l'absolu de la forme parfaite. Les escaliers du château sont peints en jaune, une couleur qui symbolise l'Ă©ternitĂ©. Dans le monde chrĂ©tien, l'escalier est un symbole de la possibilitĂ© de monter au ciel, tout ce qui est proche, il fait partie de la transcendance. Le ciel embrasse tout. L'homme est le fils du Ciel (le père) et de la Terre (mère), c’est la formule de l'initiation qui dĂ©termine les rapports de l'ĂŞtre humain avec les deux autres Ă©lĂ©ments de la Sainte TrinitĂ©. Le ciel symbolise les Ă©tats supĂ©rieurs de l'ĂŞtre. L’initiation vĂ©ritable signifie la prise de conscience de ces Ă©tats qui sont tangibles après l'ascendant, après le voyage cĂ©leste. Au sommet du "dĂ´me azur" du château, il y avait peint un triangle, qui avait en son centre un Ĺ“il dont le globe oculaire est l'ouverture qui est encore visible aujourd'hui. C'Ă©tait "L’Oeil de Dieu", disait I. L. Caragiale dans ses descriptions. Dans un article sur le symbolisme constructif, RenĂ© GuĂ©non a notĂ© que «En l'absence d'une reprĂ©sentation matĂ©rielle de l'axe", "le dĂ´me est pĂ©nĂ©trĂ© sur son sommet par une ouverture circulaire; cette ouverture est une reprĂ©sentation du disque solaire lui-mĂŞme, comme un «Oeil du monde, c'est "la porte du soleil", qui permet la sortie du Cosmos ». Le point de la Terre, directement sous cette ouverture est le correspondant virtuel du Centre du monde. Et le symbolisme du centre du monde illustre Ă©galement l'importance du symbolisme cĂ©leste qui dĂ©termine Ă©galement les rites de l'ascension, de l'initiation, ainsi que des mythes (l’Arbre cosmique et le Montaigne cosmique). Le monde cĂ©leste reprĂ©sente le royaume de l'esprit, le monde terrestre est le royaume de la matière. Dans le symbolisme constructif, l’oeil du dĂ´me de haut de la sphère cĂ©leste ou de la voĂ»te du temple Ă©voque l'image de la porte Ă©troite, situĂ©e Ă  l'apogĂ©e du cosmos ou de la sphère stellaire qui s'ouvre vers l'inconnu. A travers l'oeil de la coupole doivent passer tous les ĂŞtres qui ont atteint l'Ă©tat de trouver eux mĂŞmes. A travers ça, ce produit le retour au Principe. Cet Ĺ“il n’est pas seulement l’oeil de la connaissance, mais aussi d'un Ă©veil de la conscience, capable de transcender toutes les prĂ©occupations, obligatoires pour toute ascension spirituelle vĂ©ritable. Après une introspection dans le souterrain (remarquons que l'espace a Ă©galement des espaces souterrains!), arrivant au point qui correspond au centre de la croix (voir aussi le Grand Crucifix du DĂ´me de château!) l'homme se prĂ©pare pour l’ascension vers l'infini de la connaissance, guidĂ© par l'Ă©toile avec laquelle il souhaite s’identifier (remarquons que sur la voĂ»te, les «étoiles de l'infini» Ă©taient peintes, appelĂ©es ainsi par I. L. Caragiale probablement sous l'influence de B. P. Hasdeu!). La sphère stellaire suggère l'infini, l'Ă©volution spirituelle, le toit du cosmos. Dans la symbolique chrĂ©tienne, la sphère bleue reprĂ©sente le manteau qui couvre la divinitĂ©. La couleur bleue suggère la rĂ©gĂ©nĂ©ration ou l'accomplissement spirituel de l'ĂŞtre, un ĂŞtre que a la conscience du haut Ă©tat spirituel atteint. Le bleu symbolise l'esprit de la vĂ©ritĂ©. Certainement, les Ă©toiles peintes sur la voĂ»te du château ont Ă©tĂ© dorĂ©es. DorĂ©es et jaunes, près du Soleil, les symboles de l'intelligence humaine, Ă©clairĂ© par la rĂ©vĂ©lation divine. Eugeniu Sperantia, le fils de l'Ă©crivain Th. D. Sperantia - un des mediums de Hasdeu – a visitĂ© le château en 1900, avec sa famille. Le livre «MĂ©moires du monde littĂ©raire» Ă©voque le caractère de Hasdeu et sa vie Ă  Câmpina. Le livre nous aide remarquer quelques Ă©lĂ©ments descriptifs, prĂ©sent Ă©galement dans la description de Caragiale, ainsi que des Ă©lĂ©ments nouveaux. Sperantia note que «dans le ciment qui couvrait la fenĂŞtre", "il y avait une ouverture circulaire, il existait une sorte de fenĂŞtre Ă  travers laquelle, dans l'après-midi, la lumière solaire envahissait la couronne de la statue. A l'intĂ©rieur de la tour, notons la prĂ©sence d’une fenĂŞtre lumineuse, circulaire, imitant le globe oculaire d'un grand Ĺ“il sur le plafond, Ă  l’intĂ©rieur du triangle peint autour de lui». Certainement, il mentionne «l’Oeil de Dieu», prĂ©sent aussi chez I.L. Caragiale. L’oeuvre de Sperantia, nous montre que la lumière solaire «est entrĂ©e, envahissant la couronne de la statue». Une explication possible serait que la lumière cĂ©leste rĂ©vĂ©lĂ©e aux personnes symbolise la lumière qui brille sur la terre. La lumière du soleil reprĂ©sente l'amour de Dieu et la sagesse divine de l'esprit. Au cĹ“ur de ce christianisme primitif, il y a eu la Gnosies, en d'autres termes, le savoir. Parmi les principaux thèmes Gnostiques, il y a la lumière divine, incarnĂ©e dans la prĂ©sence symbolique de JĂ©sus. Le salut de l'humanitĂ©, accompli par JĂ©sus Christ, signifie que l'homme a redĂ©couvert l’Oeil, avec l’intention de rĂ©tablir une vision globale, une vision du monde, qu’est l’Amour. Sperantia a aussi mentionnĂ© que, sur le balcon mĂ©tallique circulaire, derrière la statue du Christ, il y avait le buste de Julia Ă  l’échelle naturelle, peint en huile. Il a Ă©tĂ© placĂ© sur une petite table près de lui, entre deux boĂ®tes musicales jouant "Le Requiem", « un chanson courte comme une perle, comme l’argent, quelque chose comme une prière pleurĂ©e par la voix d'un enfant» et l'hymne «Sursum» que "dans un ton plus sobre joue une sĂ©rie impressionnante de notes, un sort de marche, (…) funĂ©raire et en mĂŞme temps triomphant». En ce qui concerne le «Requiem», le savant raconte dans le livre "Sic Cogito" comment il l’a dĂ©couvert avec l’aide du medium Vasile Cosmovici, qui Ă©tait Ă  Paris, en juin 1891. La chanson a Ă©tĂ© arrangĂ©e pour quatuor par le compositeur George Stephanescu et introduit dans la boĂ®te musicale par LĂ©opold Stern. Le 17 septembre 1891, le jour de commĂ©moration de la mort de Julia, le "Requiem" pouvait ĂŞtre entendu dans le temple de cimetière Serban - Voda interprĂ©tĂ© par l’orchestre du violoncelliste C. Dimitrescu, et plus tard par un autre orchestre, menĂ© par Anton Kneisel. L'hymne «Sursum!» a Ă©tĂ© dictĂ© pendant la session du 11 septembre 1894, et transcris par Hasdeu. Le 16 septembre, le savant recevait l'indication de placer l'hymne Ă  l'autre coin du bureau de la tombe. Il a Ă©tĂ© interprĂ©tĂ© pour la première fois le 17 septembre 1894, sous la direction de George Stephanescu. La prĂ©sence des deux sculptures, du Sauveur et de Julia, dans le dĂ´me du château est expliquĂ©e par un confession du savant Ă©crite au dĂ©but de la session de spiritisme de juin 10, 1894: «Lili, mon ange, Nicolae, mon ange, mes anges,
Quand j'appelle l’un d’entre vous, je n’oublie jamais que vous êtes tout pour moi, avec mon Lili comme un centre et Christ comme un accessible sommet, le grand médiateur… » L’escalier pliant, un pont-levis, a été levé quand le savant a médité près du buste de sa fille et a invoqué les morts. Là, dans la sphère céleste, il se sentait proche d'eux. L'un des rédacteurs de la revue «La Revue Nouvelle», Victor Bilciurescu, a apporté des témoignages concernant le château: "Une fois que vous entrez, le temple, avec son dôme ci-dessus, se révèle à vous, et au milieu de la coupole l'Oeil Dieu est projeté vers le bas par le reflet d'un miroir. En bas, deux escaliers de fer émergent latéralement, ils se croisent là-haut, sous la coupole, sur une plate-forme où Jésus bénit le temple, et directement sous l'oeil de Dieu, il y a le buste de marbre de Julia». Aussi, il est connu que, après la mort du savant, dans la partie supérieure de la tour, il y avait près de sept lampes, trois chaises, une photo et six albums, les «trois bustes de la famille de l'homme mort». L'un était celui de Julia, comme il est mentionné par ceux qui l'ont vu. Une recherche attentive de la coupole révèle le fait que son symbolisme était étroitement lié à celui de la tombe. Quelques exemples sont: le miroir parallèle de l'entrée de la tombe et de l'entrée du temple de l'édifice de Câmpina, le plafond bleu de la tombe et la voûte bleue du Château (aujourd'hui en rouge foncé, sic!), la croix avec l'œuf primordial sur la voûte de la tombe, le grand crucifix et l'œuf primordial fait des deux moitiés du balcon métallique circulaire du dôme de château, le nom de Dieu sculpté en marbre au plafond de édifice funéraire, l’Oeil de Dieu gardant au centre de la voûte du donjon, la musique «spiritiste» dans la tombe, la même musique qui se trouvait dans le Château, Julia et Christ dans le tombeau, ainsi que dans le château. Il est possible que les deux autres bustes signalés par l'inventaire effectué après la mort de B. P. Hasdeu, comprenant ainsi les biens mobiles et immobiles de Câmpina, peuvent être de Iulia - la mère, faite par Carol Storck, en 1903 (exposé aujourd'hui dans le château) et de B. P. Hasdeu, sculpté par le même artiste en 1905 (sa location réelle est inconnue). Dans la partie inférieure de la tour, il y avait: «deux arbres de noix, trois canapés en peluche, trois fauteuils en cuir, une chaise circulaire en cuir, un réchaud en fer, quatre grandes peintures représentant la famille de la défunte, six petits tableaux, une bible placé sur une arbre noix, une étagère pour les fruits, six photos sur la fenêtre, deux vases en terre cuite, quatre statuettes, une étagère sur laquelle on trouvait cinq oeufs, une boîte en verre contenant une collection d’insectes, trois bouteilles de piano, deux vases en marbre, l'un fissuré, un socle en verre, dix photos, un vase de bronze, une petite table, une chaise, une chaise musicale, une table en noix». De cette énumération qui recrée une partie de l'atmosphère de la place, nous avons remarqué la présence de la Bible, le livre sacré, «le Livre des Livres», qui comprend la connaissance révélée à l'homme par Dieu. La Bible est le reflet de la volonté divine. A travers elle, le message de Dieu est assimilé et intériorisé par la personne qui entre dans le temple. Les meubles en noix ont également été mentionnés par Sperantia: "Parmi les arbres qui ont été abattus quand le château a été construit, il y avait aussi un vieux noyer, avec le diamètre d’un mètre. Hasdeu avait indiqué que le tronc soit utilisé à la fabrication d'un mobilier très original: sans éplucher l’écorce, la surface supérieure du tronc est magnifiquement polie, réparée et transformée en table; celle-ci sera placée dans la partie gauche de l'entrée, près de la fenêtre. Sur le côté poli, il y avait deux bougeoirs, une horloge, des vases de fleurs et quelques photos ». Sperantia se rappelle également des statuettes des apôtres (aujourd'hui disparues), placées au-dessus la porte et formant, par l'ouverture de les deux ailes de la porte, le couloir des miroirs parallèles. En même temps, Sperantia se rappelle les trois chambres parallèles à destination spéciale. Celle à gauche, avec des fenêtres vertes et celle à droite, avec des fenêtres bleues constituant la bibliothèque du savant. La bibliothèque du château suggérait la présence des anciennes bibliothèques des temples antiques. Sa collection de manuscrits se reposait sur des étagères métalliques, dans la salle où la lumière du soleil projetait des rayons bleus. L'accès aux livres et aux manuscrits se faisait par d’escaliers mobiles, sur les petites roues les rendant coulissantes sur des rails en bois. La salle centrale, haute et étroite, ressemblait aux autres deux, avait des fenêtres rouges et «le sentiment d'une joyeuse salle de visite, couverte avec un élégant tapis de la même couleur; et de l'autre côté, sous la fenêtre, il y avait un piano de cabinet, rose en bois, sculpté avec quelques petites perles et ornements raffinés», le piano de cabinet de Julia. L'inventaire effectué le 9 novembre 1907, après la mort de Hasdeu a précisé que 4800 livres se retrouvaient dans la bibliothèque principale, 1613 volumes se trouvaient dans la salle avec fenêtres jaunes et 1614 livres étaient sur les étagères de la salle aux fenêtres bleues, le reste est déposé dans la salle derrière le vestibule. Quand les biens de l’auteur ont été inventoriés, le piano avait disparu de la petite salle aux fenêtres rouges, seulement «deux chaises de piano et des notes diverses de piano» se retrouvant là, ainsi que d'autres objets qui sont minutieusement mentionnés dans le document. Les confessions de Victor Bilciurescu révèlent que «ce temple, qui a été utilisé comme une salle, avait 12 chaises lit (pour les hôtes), au-dessus de chacun se trouvant une camée, et aussi les portraits des écrivains préférés, peints en huile: Balcescu, Kogalniceanu, Laurian, Alexandri, Eliade, Bolintineanu, Conta etc.». Les portraits qu'on peut trouver ici sont: B. P. Hasdeu par Mirea, «Julia dans la bibliothèque», par Diogène Ulysse Napoléon Maillart et «Julia dans le catafalque», par Sava Hentia. Aujourd'hui, les deux premiers tableaux peuvent être vus dans l'exposition permanente du musée du château Julia Hasdeu. Néanmoins, le dernier a disparu. Dans un interview pour le journal «Universul / l’Univers», on note que «Dans le temple, il y avait aussi» «le candélabre en fer, suspendu au plafond – en fer parce que la construction, respectant les désirs de Julia, est fondée sur le principe de ce "matériel éternel", de sorte que seulement le fer et le granit ont été utilisés. Il y avait aussi d'autres meubles, tous fabriqués de fer». Eugeniu Sperantia raconte que "ici, autour du socle qui soutient la statue, le long du mur circulaire, entre autres moins importante meubles, il y avait douze chaises, en bois doré, couvert avec la même peluche rouge, avec très hautes arrières, qui avait un fronton triangulaire sur leur sommet. Dans ce fronton triangulaire de chaque chaise, il y avait été gravé un petit médaillon ovale peint, une miniature en huile. Chaque médaillon représente une personnalité de la révolution de 1848. Sperantia mentionné les portraits de Balcescu, Alecsandri, Kogalniceanu, Eliade Radulescu, C. A. Rosetti ».

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